Le Concept du continuum, de Jean Liedloff

A la recherche du bonheur perdu

 

Voilà un concept simplissime et pourtant pas si évident. C’est que son nom ronflant en rend la compréhension un peu ardue.

Le continuum, c’est, en quelque sorte, être dans la continuité, c’est-à-dire répondre à nos aspirations et besoins profonds sans rupture avec notre nature – notre Nature – , ce que la nature a fait de nous.

En gros, si un bébé pleure pour être dans les bras, c’est tout simplement parce que, petit individu sans défense, incapable de se déplacer, de se nourrir seul, avec un vision limitée, sa nature de primate réclame qu’il soit en sécurité. S’il est posé dans un berceau, il ne sent pas la chaleur, l’odeur, la nourriture, donc il se sent en danger. Et utilise le seul moyen à sa disposition pour y remédier.

La théorie de Jean Liedloff, c’est que si on ne répond pas à ce besoin primitif, instinctif, de réassurance, si on s’évertue à lui apprendre dès la naissance à se séparer parce que c’est comme ça qu’on grandit et que l’enfant doit apprendre à trouver les ressources au sein de lui-même, on l’entraîne dès la naissance à ne pas s’écouter. A ne pas être en accord avec sa nature profonde. A se couper de son instinct. Et, surtout, on crée en lui un vide, un déséquilibre fonctionnel que plus rien ne pourra jamais venir combler. Alors que, toujours d’après elle, si à l’inverse on répond à ce besoin de base, l’enfant s’inscrit dans une continuité, c’est-à-dire que son instinct n’ayant pas été contrarié, il pourra continuer à s’appuyer dessus pour évoluer : l’homme étant un animal social, c’est toujours dans le respect de cette continuité d’avec lui-même qu’il apprendra à s’intégrer dans le groupe, à devenir propre, etc.

Cette théorie est passionnante. Je ne sais pas s’il est des mères qui ont réussi à ne pas avoir le cœur brisé en laissant leur bébé hurler seul dans sa chambre, dans son lit : pour toutes les autres, ce livre donne un (excellent) prétexte pour ne pas aller contre leur nature. D’ailleurs, dans combien de cultures les mères dorment-elles avec leur tout-petit, le portent-elles toute la journée ? Ce n’est que depuis récemment, dans nos sociétés dites évoluées, qu’on a décidé qu’un enfant devait être dans sa poussette ou dans son berceau, pour “l’habituer”. En Inde, par exemple, l’enfant doit pouvoir voir sa mère en permanence jusqu’à l’âge de 6 ans, et ce afin d’en faire un individu plein d’assurance.

On l’aura compris, cet ouvrage fait largement écho à ma conception de la “maternitude” et l’appuie par une observation scientifique (si, si, les sciences humaines n’en sont pas moins sciences). Je le recommande vivement à tous ceux qui souhaitent approfondir leur compréhension du bébé, mais aussi de l’individu, et qui ont l’esprit assez ouvert pour ne pas considérer ce concept comme un pur produit de l’esprit des années 1970.

Le pitch de l’éditeur

« Une manière révolutionnaire d’élever nos enfants.

Jean Liedloff a passé deux ans et demi au plus profond de la jungle d’Amérique du Sud en vivant avec les Indiens des tous premiers âges. Cette expérience renversa ses conceptions occidentales sur la façon dont nous devrions vivre et l’amena à un point de vue radicalement différent de notre véritable nature humaine. Elle  nous offre, dans ce livre, une nouvelle compréhension de la perte de notre bien-être et nous montre comment en retrouver le chemin pour nos enfants comme pour nous-mêmes.

Le Concept du continuum est destiné à toute personne qui veut savoir ce qui n‘a pas fonctionné dans notre évolution et apprendre comment revenir à des principes plus adaptés à notre nature.

Toute mère ou future mère doit le lire ; la  beauté de la chose est qu’elle n‘apprendra rien de nouveau ; elle se rappellera simplement ce qu’elle ressentait au plus profond d’elle-même. »

L’auteur

Jean Liedloff est née le 26 novembre 1926 à New York et morte le 15 mars 2011 à l’âge de 84 ans.

Adolescente, elle passe par le Drew Seminary for Young Women. Elle étudie à l’université Cornell, mais commence à voyager avant d’obtenir un diplôme.

Au cours d’une expédition de recherche de diamant dans la forêt du Venezuela, elle entre en contact avec un peuple autochtone, les Yecuana. Elle est peu à peu fascinée par la vie des Yecuana, et décide de revenir au Venezuela pour vivre avec eux. Elle a écrit son unique livre, The Continuum Concept, afin d’essayer de décrire le mode de vie des Yecuana, en particulier leur façon d’éduquer leurs enfants.

Jean Liedloff a été rédactrice de la revue The Ecologist de 1968 à 1970.

(source : Wikipédia)

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