Frères et sœurs sans rivalité, d’Adele Faber et Elaine Mazlish

Il y avait bien longtemps que ce livre me faisait de l’œil. Enfin, je me suis décidée à m’y plonger. Quel dommage que je ne me sois pas décidée plus tôt !

Sous forme d’un récit, les deux auteures nous emmènent avec elles dans l’accompagnement d’un groupe de parents fermement décidé à évoluer vers plus de communication au sein de leurs familles respectives. Nous suivons donc, pas à pas, les processus de réflexion tant des parents-apprentis que des animatrices de l’atelier.

Il s’agit bien sûr d’un concentré des divers ateliers, rencontres, et exemples vécus. Voilà sans doute ce qui rend ce livre si facile à lire : il est extrêmement facile de se reconnaître dans l’une ou l’autre situation. Et les solutions proposées, si elles ne coulent pas de source quand on n’est pas issu d’un environnement bienveillant, sont pourtant faciles à mettre en oeuvre et frappées au coin du bon sens.

Les thèmes sont abordés en fonction des préoccupations parentales : accueillir la colère de l’enfant, les comparaisons entre enfants (celles que l’on fait soi-même, et celles qu’ils ne manqueront pas de faire eux-mêmes), les disputes (quand et comment faut-il intervenir, entre une simple dispute et une vraie bagarre), etc.

Ce qui aide à digérer ce que les auteures nomment des « habiletés », c’est aussi la synthèse sous forme de bandes dessinées : ce qu’il ne faut pas faire, ce qui irait mieux. Le fait de mettre en scène une situation permet de mieux la comprendre et l’intégrer.

Je n’avais pas fini de le lire que je testais mes nouvelles « habiletés » sur mes filles de 8 et 10 ans, toujours en train de se crêper le chignon.

La première fois, c’était une revendication au sujet de chips : « Hééééé, c’est pas juste, elle en a eu plus que moi! » Au lieu d’envoyer promener la plaignante comme j’aurais pu le faire auparavant (« vous en avez eu le même nombre », ou bien « et alors »), j’ai accueilli son ressenti :

« Tu en voudrais plus c’est ça ? »

« Oui ! »

« D’accord, je vais t’en redonner un peu, mais il ne faut pas te gaver avant le souper. Je te préviens, je pioche dans le paquet sans compter. »

Et comme, en plus, j’ai la chance (?) d’avoir une fille aînée très curieuse qui avait déjà jeté un œil dans mon nouveau livre de chevet, j’ai eu directement un feeback : « Wouhaou maman, même si je l’avais déjà lu, ça marche super bien ton truc ! »

Voici un deuxième exemple qui m’a été plus difficile car la situation précise ne se trouvait pas dans le livre.

Les deux filles se disputaient comme des chiffonnières, elles en sont arrivées aux mains, à se jeter des objets à la figure en se hurlant des gentillesse… Dans un premier temps, nous les avons séparées sans juger ni prendre parti (« Oulà, ça devient dangereux pour vous ici, il vaut mieux vous éloigner l’une de l’autre »). Puis, au terme d’un brainstorming d’autant plus acharné que le motif de la dispute était fermé (parole contre parole, elles s’accusaient l’une l’autre de mentir), nous avons pris en compte le ressenti de chacune (« tu as eu l’impression qu’elle ne respectait pas ton travail », »tu t’es sentie accusée injustement »), pour le tirer vers le positif (« as-tu réellement l’impression que ta sœur ne faisait pas sa part de rangement ? »), leur permettant ainsi de reconnaître le bénéfice de leur activité conjointe (« même si le boulot n’est pas fini, vous avez toutes les deux travaillé dans la même direction, pour que cette chambre soit un peu plus rangée »).

Et bien depuis cette discussion nous n’avons pas eu une seule dispute entre les deux filles, alors qu’avant c’était au moins plusieurs fois par jour… Vraiment, pas une seule. Elles discutent entre elles pour trouver un terrain d’entente en cas de désaccord. Et ça fait presque une semaine !

Le pitch de l’éditeur

« C’est à moi ! » « Non ! A moi !  »

« Il m’a frappée !  » « Je ne l’ai jamais touchée !  »

« Tu lui en as donné plus qu’à moi ! »

Adele Faber et Elaine Mazlish refusent d’accepter l’idée que les taquineries constantes, les bagarres et les disputes sont le prix à payer pour avoir plus d’un enfant. A partir de leurs expériences personnelles et des centaines d’ateliers qu’elles ont mené partout aux Etats-Unis, les auteures ont développé des façons simples – mais étonnamment efficaces – de réduire les conflits en faisant appel à la bonne volonté des frères et sœurs. Des réflexions et des récits de parents viennent éclairer chaque habileté. Des dialogues convaincants et de charmantes bandes dessinées illustrent comment :

– aider les enfants à exprimer leurs sentiments envers les autres sans faire de tort ;

– être juste sans donner également ;

– promouvoir la coopération plutôt que la compétition ;

– aider les « bourreaux » et les « victimes » ;

– réduire la colère et motiver les frères et sœurs en conflit à trouver des solutions à leurs problèmes.

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