28/03/20 – Confinement, jour 13 : peur du manque

Jusqu’à présent, les enfants me semblaient vivre relativement bien le confinement. Alors que je suis allée faire des courses quelques fois, ça fait très exactement 2 semaines qu’ils ne sont pas sortis de la maison, qu’ils n’ont pas vu le monde extérieur.

Autant Rat d’bibli s’en fiche complètement (Aspie power), autant Grincheuse en a marre. Même Ptitpod’colle a lâché au souper : « j’en ai marre de ce confinement ! ».

« Ha, et tu voudrais faire quoi ? »

« …

Non, mais c’est les rayons vides dans les magasins, là, tout ça ! »

Ha bah oui, c’est sûr, tu les a vus, toi… Grincheuse d’enchaîner : « Moi, c’est ton angoisse qui me stresse ».

Nous y voilà. Hé ho, les minis, c’est dépassé, hein, le concept du tout-est-de-la-faute-de-la-mère. Fuck à la fin. Et oui, ça me fait stresser, les rayons vides. Jeudi, il n’y avait plus une seule boite d’œufs en magasin. Mes estomacs sur pattes en dévorent une bonne quarantaine par semaine. Je leur file quoi à becqueter au petit déj, si je trouve plus d’œufs, hein ?

Au-delà de mon manque d’adaptabilité – Asperger toussa toussa, le moindre changement dans mes routines est source de stress intense -, ce sont surtout nos habitudes que cette situation interroge. Nous, enfants gâtés qui avons connu plus d’un demi siècle de paix, nous n’avons pas l’habitude de manquer de quoi que ce soit. Voilà des décennies qu’il est impensable de ne pas trouver ou obtenir ce que nous voulons. Et d’un coup, les magasins se vident, les coopératives sont prises d’assaut, et on nous martèle l’arrivée d’une crise économique pire que celle des années 30.

Pourtant, même si la seule idée d’aller au ravitaillement fait grimper ma tension en flèche, je trouve, une fois de plus, que cette crise sanitaire a du bon : fini de faire les enfants gâtés ! Revenons à ce qui est vraiment essentiel ; arrêtons de surconsommer. De toutes façons, vu les proportions prises par mon boule, un peu de rationnement ne me fera pas de tort. Notre situation est infiniment moins pénible que celle qu’ont connue mes grands-parents pendant la deuxième guerre mondiale…

Je ne t’avais jamais dit que Scrat est mon animal de force intérieure ?

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